La greffe

Forum dédié aux oléiculteurs : observations, problémes, conseils...
Christophe Audouy
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La greffe

Message par Christophe Audouy » 22 juil. 2008 22:12

Bonjour à tous,

Je voudrais savoir s'il est possible de greffer un Arbequine avec des greffons d'Olivière, c'est un arbre assez vieux, dans un mauvais état sanitaire, je voudrais scier sous les charpentières et greffer sur le tronc à environ 1,30m du sol, le diamètre est de 15cm à cet endroit là.
Je me demande s'il n'est pas préférable de greffer en couronne comme j'ai pu le voir sur un site italien( http://www.vogliaditerra.com/ulivi/innesto/innesto.htm) vu la nature de l'écorce.
Serait-il possible de greffer maintenant pour gagner du temps au lieu d'attendre le mois de mai 2009 sachant que je peux arroser et protéger cet hiver éventuellement,c'est un arbre d'ornement en fait.

Merci d'avance
Christophe Audouy

Edy Spagnol
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Re: La greffe

Message par Edy Spagnol » 24 juil. 2008 23:28

Bien le bonsoir

Pas de souci, mais comme il est mentionné, sur l'article ce n'est pas le moment

Pour la lune ascendante, comme il est mentionné sur l’article, je ne saurais vous dire :!:

La période de la floraison serait la mieux adaptée, et de loin, et c’est la ou la sève est a son maximum.

Des stages de greffes, sont sûrement prévus dans votre secteur, l’année prochaine, greffe en placage.

Par contre la photo, de la reprise, en deux ans a peine, il vaut mieux tabler sur trois, et encore, en prenant beaucoup de précautions contre les volatiles et autres.

Même si le pourcentage de reprise est donné pour bon, je trouve personnellement que pour les deux cultivars, il est lent.

Cordialement
:arrow:

Edy Spagnol
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Re: La greffe

Message par Edy Spagnol » 02 déc. 2008 21:06

Bien le Bonsoir christophe, et vous tous

OBSERVATIONS SUR L’AGRICULTURE, et particulièrement fur des objets qui peuvent être plus propres à la Provence, données en 1777
B. L. REBOUL


Soit en pépinieres, foit autrement, il y a un moyen pour rendre la prife des boutures certaine, même des arbres qui s’y prêtent le moins, tels que les oliviers,
Il faut, une année à l’avance, choifir les branches les plus propres à cette deftination, faire à chacune une ligature, ferée autant qu’il fera poffible, avec plufieurs tours d’un fil ciré, bien fort, ou d’un fil de laiton recuit, en deffous du nœud ou œil principal du commencement de la branche.
La feve ainfi arrêtée, donne lieu à un engorgement dans cet endroit ; cet œil fe renfle beaucoup, il se forme un bourrelet confidérable autour de la ligature, qui plus difpose à bourgeonner prêt à s’ouvrir, fournira naturellement des racines à la bouture le plus promptement poffible, dès qu’elle fera mife en terre, ce qui en décidera le fuccés.
Toutes les autres attentions enfuite, doivent être comme celles qu’on prend pour toutes fortes de boutures.
On a dans cette maniere l’avantage de fe procurer l’efpece qu’on defire, fans être obligé de greffer les plans, peu ou beaucoup, à quelle efpece d’arbre que ce soit.

Certains « F » sont aussi des « S » etc.

Et cela fonctionne,

Cordialement
:wink:

abdallahaghrab
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Re: La greffe

Message par abdallahaghrab » 08 déc. 2008 18:20

En plus de la compatibilité entre la variété greffée et la porte greffe, il faut prendre en considération les changements que procure la porte greffe à la variété greffée sur la plan production, vigueur, résistance et même quelques fois forme et taille des fruits. Ces changements peuvent être positifs ou négatifs. La recommandation d’une porte greffe par une variété donnée doit être fait sur la base des essais de greffage aussi bien en pépinière qu’en champs. Les espagnoles recommandent les combinaisons suivantes :
Morisca pour Manzanilla
Hojoblanca pour Aloreña
Royal de catatayud pour Empeltre
Lechine de Séville pour Gordal de Séville et Morona

En olivier, le greffage présente un intérêt particulier dans le cas des variétés caractérisées avec un faible taux d’enracinement et dans le cas d’une mauvaise adaptation aux conditions édaphoclimatiques d’une région.

A mon avis, il vaut mieux de planter l’Arbequine seule vu que ses boutures se caractérisent par une grande capacité d’enracinement (78%). En plus, elle est tolérante au froid et productive. On peut faire appelle à une porte greffe adaptée aux sols calcaires, comme Morisca ou Lechine de Séville, vu que l’Arbequine est très sensible à la chlorose ferrique. Mais ce problème peut être corrigé facilement par le bais des applications des chélates de fer avec l’eau d’irrigation ou moyennant plusieurs applications foliaires, particulièrement dans le cas des vergers pluviales.

Salutations

Abdallah AGHRAB

Edy Spagnol
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Re: La greffe

Message par Edy Spagnol » 08 déc. 2008 23:29

http://www.versailles-grignon.inra.fr/a ... EPITES.pdf

Bien le Bonsoir abdallah

A la suite de certains propos, ici et sur d'autres post

Je te joins le lien vers le projet « PEPITE », et a ceux qui sont intéressées par le sol sous vos oliviers aussi

Dommage que l'on est davantage parle de lui, mais il n'est jamais trop tard

Cordialement
:arrow:

Edy Spagnol
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Re: La greffe

Message par Edy Spagnol » 08 déc. 2008 23:33

Projet PEPITES :
Processus Ecologiques et Processus d’Innovation
Technique Et Sociale en agriculture de conservation

Résumé

Les techniques culturales sans labour et l’Agriculture de Conservation, fondés sur une perturbation
minimale du sol, le maintien d’une couverture végétale en surface et une diversification des rotations
et associations de cultures, se développent rapidement auprès des agriculteurs mécanisés au nord
et au sud, du fait de leur rentabilité économique. Leur émergence procède souvent d’un processus
d’innovation original, fondé sur un apprentissage permanent et adaptatif au sein des exploitations et
de réseaux sociotechniques novateurs, qui bouscule les schémas linéaires de conception et transfert
des innovations. La mise en oeuvre de ces systèmes modifie le fonctionnement de l’agrosystème et
les services écologiques rendus : production de biomasse, conservation du sol et de la biodiversité,
et stockage du carbone, sans cependant que la portée de ces modifications ne soit bien connue. Par
ailleurs, la mise en oeuvre de ces techniques est délicate et peut conduire à diminuer les
performances des systèmes de culture et à accroître la dépendance aux pesticides. Leur adaptation
aux systèmes de production pose aussi des problèmes, particulièrement dans les contextes
fortement contraints.
L’objectif général du projet PEPITES est de produire des connaissances sur les processus
écologiques, les processus d’innovation technique et sociale, et leurs interactions, pour évaluer et
concevoir des systèmes techniques et des dispositifs d’accompagnement plus durables.
Les travaux se dérouleront sur quatre terrains d’étude (France grandes cultures, France agriculture
biologique, Brésil et Madagascar petite agriculture familiale) choisis pour explorer une gamme de
situations agropédoclimatiques et socioéconomiques permettant une analyse comparative riche. Six
tâches à dominante disciplinaire ont été identifiées. L’analyse du processus d’innovation (tâche 6) est
centrée sur la production des connaissances au sein des réseaux sociotechniques, les modalités de
coopération entre acteurs, les dynamiques de changements des pratiques et des processus
d’apprentissage. L’approche des systèmes de production (tâche 5) permettra de comprendre et de
simuler la diversité de ces systèmes et d’expérimenter des outils d’aide à la réflexion prospective.
Des études couplant expérimentation et modélisation des systèmes de culture (tâche 3) permettront
de comprendre et de raisonner l’usage de processus écologiques qui pourraient améliorer leurs
performances. L’étude des processus écologiques résultant des interactions entre matières
organiques et êtres vivants (tâches 1 et 2) fournira des connaissances et des indicateurs pour
raisonner l’adaptation des pratiques et pour évaluer les services écologiques rendus. Les indicateurs
et les cahiers des charges identifiés à différentes échelles serviront à mener une évaluation ex-ante,
multicritère et multi-acteurs des performances de systèmes de culture innovants en AC (tâche 4).
Trois tâches seront consacrées à des questions transversales de nature interdisciplinaire : comment
accroître la pertinence et la capacité des modèles utilisés par la recherche pour étudier et intervenir
dans ces processus complexes (tâche 7) ? Comment impliquer la recherche dans des démarches et
des dispositifs en partenariat pour accompagner l’émergence de l’AC (tâche 8) ? Comment
contribuer à la formation et au transfert des connaissances (tâche 9) ? Le projet produira des
connaissances originales dans les différentes disciplines et aux interfaces sciences biophysiques /
sciences techniques / sciences sociales, renforcera la communauté de chercheurs et praticiens du
nord et du sud travaillant autour de l’AC, et proposera des dispositifs d’accompagnement et
d’enseignement sur ces innovations complexes pour une agriculture intensive mais durable.

Voila pour le resumé ANR Programme Systérra

abdallahaghrab
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Re: La greffe

Message par abdallahaghrab » 09 déc. 2008 16:07

Bonjour Edy

Oui c’est vrai. Les techniques de conservation d’une manière générales et pour l’ensemble des systèmes de culture nécessitent plus de recherche pour aboutir à un compromis entre la conservation de l’environnement et de la biodiversité et la rentabilité économique des cultures. En Europe, ces techniques sont soutenues à travers l’octroi des subventions conditionnées par la mise en place des systèmes respectueuses de l’environnement comme agriculture biologique et la production intégrée, qui ce n’est pas le cas chez nous. Ce qui ralenti l’extension de ces pratiques.
Au cours de la réalisation de d’une étude bibliographique concernant la couverture végétale en olivier et ces effets sur les propriétés chimiques, physiques, bio-chimiques, sur l’érosion, sur le bilan hydrique du sol et sur la productivité des arbres, j’ai constaté que la majorité des recherches traitant ces aspects ont été réalisé en Espagne. Cependant, l’installation de la couverture végétale dans les autres vergers arboricoles est étudiée aussi dans d’autres pays.
Le principal inconvénient de la couverture végétale est sa consommation massive en eau et éléments minéraux lors de sa phase rapide de croissance ce qui se répercute négativement sur la production des arbres. Les études mises en œuvres pour trouver des solutions à cette problématique à travers la recommandation de l’entretien adéquat, particulièrement en matière de date de contrôle de la couverture, sont très rares. On peut citer les thèses doctorales et travaux de M. Pastor et J. Castro, la thèse de master of sciences de J.A. Muñoz et les travaux de l’association espagnole Agriculture de conservation / sols vifs (AEAC.SV : http://www.aeac-sv.org/) qui ont mis en place des essais de comparaison des systèmes de gestion sol pour montrer l’effet de ces systèmes sur l’humidité du sol et la croissance, développement et production des arbres. A ma connaissance, le seul projet qui a été dédié exclusivement à la détermination de la date optimale de contrôle de la couverture végétale en olivier en développant le modèle « Olivcrop », qui estime les composantes du bilan hydrique du sol pour les différents systèmes de gestion du sol, est le projet Olivero qui a concerné plusieurs localité (Cordoba en Espagne, Granada en Espagne., Crète en Grèce et Basilicate en Espagne (G. Castro et J.O Gomez, 2006).
Ma contribution dans cet aspect, que j’ai réalisé dans le cadre de ma thèse de master of sciences soutenue le 25 octobre 2007, était, en plus de l’étude bibliographique, la révision de modèle « Olivcrop », la réalisation d’une analyse approfondie de sa sensibilité aux caractéristiques du climat, sol, arbres et couverture, son amélioration et son évaluation moyennant la comparaison de ces estimations de l’humidité du sol et des mesures expérimentales (dont deux sont issues des deux essais que j’ai menés à cordoba et à Séville) et la recommandation des dates orientatives de contrôle de la couverture pour différentes zones oléicoles. J’ai aboutit à des résultats satisfaisants aussi bien en matière du rôle de la couverture dans la conservation de l’eau dans le sol que en ce qui concerne l’importance de « Olivcrop » dans la gestion de cette couverture. Cependant, cet aspect nécessite plus de recherche pour améliorer la capacité prédictive de « Olivcrop » et aboutir à une stratégie optimale de gestion de couverture (types, entretien, contrôle…) pour inciter les oléiculteurs à adopter ce système sans craindre la chute de la production de leurs oliviers.
Informez moi si vous êtes intéressé par des références relatives à la couverture végétale en olivier et d’autres cultures arboricoles.
Dernièrement j’ai réalisé un article sur les systèmes de couverture végétale en olivier et son rôle sans la conservation de l’eau dans le sol pour le bulletin de programme de transfert de technologie en agriculture au Maroc (BTT). Actuellement, il est en cours d’édition (vous le trouvez dans le site suivant : http://www.vulgarisation.net/bulletin.htm.

Salutations

Abdallah AGHRAB

Edy Spagnol
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Re: La greffe

Message par Edy Spagnol » 10 déc. 2008 00:54

Bien le bonsoir

"A ma connaissance"

Pas de souci, je suis sur que tu pourras en faire des expériences et autre sujets oleicoles, aussi dans d'autres pays que l'Espagne.

J’ai des Oliviers en France, pour les étudier, soit en serre soit dehors en plein champ, sur des cultivars "Originaux/Sources" j'ai assez perdu de temps avec les autres, boutures greffes Etc.
Mes oliviers en production EUX sont eux en Italie
Et tout le reste chez des particuliers, qui ont entre, 50 et 1800 Oliviers, ce n’est pas le nombre qui compte, mais les endroits géographiques différents et leurs cultivars, en Espagne, en Italie en France, et beaucoup d’amis oléiculteurs a qui je donne un coup de main dans le pourtour de la méditerranée, etc.
Plus un mini labo, pour « la chose », et donner un coup de main de temps en temps, et peu importe les pays.

Espagne, si elle est une référence en volume d’olives produit, aucun sol, météo, climat, pluviométrie, etc. , n’est identique, ce qui complique la donne

Aucune année n’est identique non plus

Donc je profite des formations, des thèses, des livres Etc ; pour parfaire, peaufiner, prendre le « petit plus » qui me manque Etc , et réaliser des expériences réelles grandeur Nature

Mon principal souci est « que l’activité racinaire » et « celle de la frondaison », doit s’équilibrer, et ensuite, l’on rentre dans un autre step, ou l’olivier doit faire des réserves pour pouvoir supporter les coups terribles de dame nature.

Ces réserves sont a accumuler « bien avant que l’olivier en est besoin », et « pas pendant » pour moi la nuance est de taille.
Si la réaction visible, commence après la saison froide, au printemps par l’apparition de la nouvelle végétation, floraison, le système racinaire lui commence des fin décembre, parfaitement visible en serre dans des conditions supérieure a 10 voir 12°, a l’extérieur c’est le froid qui guide l’activité.
L’observation de la sève ascendante, la reprise en serre aussi recommence faiblement fin décembre, ainsi que l’appel de celui-ci par le système foliaire.
Cette observation est plus visible en serre.

Ensuite vient tout le reste, avec un peu de subtilité oléicole, que le nombre d’année rend plus sage et raisonnable.

Actuellement le système racinaire sur les oliviers est une véritable misère. :twisted:
Et faire des analyses sur plusieurs cultivars, c'est un case tete.

Pas de souci pour les noms cités, je me suis déplacée à plusieurs reprises, pour assister à des conférences, ou des journées sur le terrain, ce sont « entre d’autres » des personnages que je suis, ainsi que leurs évolutions.

Cordialement
:arrow:

abdallahaghrab
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Re: La greffe

Message par abdallahaghrab » 10 déc. 2008 13:29

C’est vrai que le système racinaire de l’olive est un mystère en procurant à l’olivier cette rusticité et adaptabilité à des conditions difficiles. Des études ont montré que les racines de l’olivier peuvent absorber l’eau à des humidités inférieures au point de flétrissement. Egalement, l’olivier est considéré parmi les arbres les plus tolérants à la salinité (une conductivité électrique du sol de 5,5 dm/m provoque seulement une chute de 25% de la production des oliviers). Cependant, les racines de l’olivier sont très sensibles au froid et à l’asphyxie racinaire. D’autre part, les tolérances et la sensibilité des racines de l’olivier à différentes conditions de milieu varient selon les variétés. Donc, il reste beaucoup de chose à faire pour mettre en évidence quelques mécanismes de fonction des racines et pour exploiter cette variabilité génétique pour développer des variétés plus tolérantes.

Salutations

Abdallah AGHRAB

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